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Sommes-nous obligés d’avoir une sexualité pour ressentir du plaisir ? Copier Copier Copier

Sexothérapie

La sexualité est souvent présentée comme indispensable à l’équilibre personnel et à la réussite du couple. Un couple ayant régulièrement des rapports sexuels serait heureux, tandis qu’un couple qui n’en a plus serait nécessairement en difficulté.

Pourtant, la réalité est plus nuancée.

Certaines personnes vivent une sexualité épanouissante et régulière. D’autres traversent des périodes durant lesquelles le désir diminue ou disparaît. Certains couples ne partagent plus de relations sexuelles sans avoir perdu leur affection, leur complicité ou leur engagement.

Alors, peut-on être heureux en couple sans sexualité ? Sommes-nous obligés d’avoir des rapports sexuels pour ressentir du plaisir ?

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L’absence de sexualité n’est pas toujours un problème


Il n’existe pas de fréquence « normale » des rapports sexuels. La sexualité d’un couple peut évoluer au fil du temps, des événements de vie et de l’état émotionnel ou physique de chacun.


Une diminution ou une absence de sexualité peut être liée à de nombreux facteurs :


* la fatigue ;

* le stress ;

* la parentalité ;

* une maladie ou un traitement médical ;

* des douleurs pendant les rapports ;

* des changements hormonaux ;

* une période de deuil ou de fragilité émotionnelle ;

* des conflits dans le couple ;

* une perte de confiance ;

* un traumatisme ;

* une différence de désir entre les partenaires ;

* ou simplement une évolution naturelle de la relation.


L’absence de sexualité ne devient réellement problématique que lorsqu’elle entraîne une souffrance, un sentiment de rejet, de la frustration, de la culpabilité ou un éloignement entre les partenaires.


Si les deux personnes vivent sereinement cette situation, il n’est pas nécessaire de chercher à correspondre aux normes ou aux attentes extérieures. Chaque couple construit son propre équilibre.



La sexualité ne se résume pas à la pénétration


Lorsque nous parlons de sexualité, nous pensons encore trop souvent à la pénétration. Pourtant, la sexualité peut prendre de nombreuses formes.


Elle peut se vivre à travers les caresses, les baisers, les massages, les regards, la sensualité, la masturbation, les jeux érotiques, les fantasmes partagés ou simplement le plaisir de découvrir le corps de l’autre.


Il est donc possible de conserver une intimité sensuelle et érotique sans avoir de rapport avec pénétration.


Sortir de cette vision permet parfois de diminuer la pression de « devoir réussir » un rapport sexuel. Lorsque la pénétration n’est plus considérée comme un objectif obligatoire, les partenaires peuvent retrouver davantage de liberté, de curiosité et de sécurité.



Le plaisir existe aussi en dehors de la sexualité


Le plaisir ne se limite pas au plaisir sexuel. Il peut être corporel, sensoriel, émotionnel, relationnel ou intellectuel.


Nous pouvons ressentir du plaisir en écoutant de la musique, en mangeant un plat que nous aimons, en dansant, en prenant un bain, en marchant dans la nature, en riant, en créant, en étant massés ou simplement en nous reposant.


Dans le couple, le plaisir peut également naître d’un moment de tendresse, d’une conversation profonde, d’une activité partagée, d’un projet commun, d’un fou rire ou du sentiment de se sentir compris et accueilli par l’autre.


Nous ne sommes donc pas obligés d’avoir une sexualité pour ressentir du plaisir. En revanche, nous avons généralement besoin de nous sentir vivants, reliés à notre corps et libres d’identifier ce qui nous fait du bien.



Intimité et sexualité ne sont pas synonymes


Un couple peut ne plus avoir de relations sexuelles tout en conservant une véritable intimité. L’intimité se construit dans la confiance, la tendresse, la sécurité, la proximité émotionnelle et la possibilité d’être soi-même auprès de l’autre.


À l’inverse, un couple peut avoir des rapports sexuels réguliers tout en se sentant profondément éloigné sur le plan affectif.


La sexualité peut nourrir l’intimité, mais elle ne la garantit pas. Elle n’est qu’une des manières possibles de créer du lien.




Lorsque les partenaires n’ont pas les mêmes besoins


La situation devient plus délicate lorsque l’un des partenaires vit bien l’absence de sexualité tandis que l’autre en souffre.


La personne qui exprime du désir peut se sentir rejetée, peu attirante ou insuffisamment aimée. Celle qui ne ressent pas ou plus de désir peut se sentir coupable, incomprise ou soumise à une pression permanente.


Dans cette situation, il est essentiel de ne désigner aucun responsable. Le désir ne se commande pas, et personne ne devrait se sentir obligé d’avoir un rapport pour rassurer l’autre ou préserver son couple.


Il est cependant important de pouvoir en parler :


* Que représente la sexualité pour chacun ?

* Que ressentons-nous face à son absence ?

* Avons-nous encore envie de proximité physique ?

* Existe-t-il des peurs, des douleurs ou des blessures qui empêchent le rapprochement ?

* Quelles formes d’intimité pourraient nous convenir aujourd’hui ?

* Pouvons-nous rechercher un nouvel équilibre respectueux des limites et des besoins de chacun ?


L’objectif n’est pas nécessairement de reprendre rapidement une activité sexuelle. Il s’agit d’abord de comprendre ce que cette absence vient raconter de la relation et de l’histoire personnelle de chacun.



Se libérer de l’obligation


La sexualité ne devrait jamais devenir une preuve d’amour, une dette conjugale ou une obligation. Elle doit pouvoir s’inscrire dans le consentement, la liberté, la sécurité et le désir partagé.


Certaines personnes ont peu ou pas de désir sexuel. D’autres peuvent se reconnaître dans l’asexualité. Cela ne signifie pas qu’elles sont incapables d’aimer, de créer une relation profonde ou de ressentir du plaisir.


Il n’existe pas une seule bonne manière de vivre son couple ou sa sexualité.


La véritable question n’est peut-être pas : « Avons-nous suffisamment de rapports sexuels ? », mais plutôt :


*La manière dont nous vivons actuellement notre intimité convient-elle réellement à chacun de nous ?*


Si la réponse est oui, il n’y a rien à réparer.


Si la réponse est non, un accompagnement en thérapie de couple ou en sexothérapie peut permettre d’ouvrir un espace de parole, de comprendre les blocages et d’imaginer une intimité différente, sans jugement, sans pression et dans le respect du rythme de chacun.



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